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Le sénateur UMP de l’Orne Jean-Claude Lenoir et le député socialiste du Nord Christian Bataille ont rendu hier un rapport sur les «hydrocarbures non conventionnels», c’est-à-dire les gaz et pétrole de schiste.

Les deux élus sont membres de l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques (Opecst), organisme dépendant à la fois de l’Assemblée nationale et du Sénat.

À rebours de l’opinion prédominante aujourd’hui à la tête de l’État, les deux parlementaires plaident pour une reprise des expérimentations dans ce domaine. Les forages expérimentaux sont actuellement interdits par la loi du 13 juillet 2011 – loi confirmée par le Conseil constitutionnel en octobre dernier, après qu’une société américaine eut tenté de la faire déclarer inconstitutionnelle (lire Maire info du 11 octobre).

Les deux élus estiment que depuis l’adoption de cette loi, les techniques ont évolué «très rapidement», que la fracturation hydraulique, réputée nocive pour l’environnement, n’est plus la seule alternative, et déplorent que la recherche se développe partout «sauf en France» à cause de cette loi de 2011. Ils estiment qu’interdire la recherche s’assimile à «de l’obscurantisme». Pour Jean-Claude Lenoir et Christian Bataille, la fracturation hydraulique elle-même est «mieux maîtrisée» qu’auparavant et donc moins dangereuse. Ils demandent donc que les expérimentations reprennent là où le sous-sol est riche – dans le sud-est du pays et en région parisienne. «Nous pensons qu’il faut consommer moins d’hydrocarbures, expliquent les deux parlementaires, mais que (ceux) que nous consommons doivent en priorité venir de notre sous-sol».

Deux autres parlementaires membres de l’Opecst, Denis Baupin et Corinne Bouchoux (EELV), ont aussitôt publié un communiqué pour annoncer qu’ils avaient voté contre ce rapport, jugé «partiel et partial». Ils estiment que les personnes auditionnées par la commission étaient «à 80% favorables aux gaz de schiste».

Le débat est sans doute loin d’être clos.